Faculté des Sciences et Techniques

Evaluation du devenir environnemental des pesticides, avec un focus sur la téfluthrine : Occurrence, lessivage et transferts vers les eaux et les plantes dans l’agroécosystème de la betterave sucrière au périmètre irrigué du Tadla

Par : Madame Majda OUHAJJOU
Le jeudi 18 juin 2026 à 09:00

Le Doyen de la Faculté des Sciences et Techniques de Béni Mellal porte à la connaissance du public que Madame Majda OUHAJJOU, soutiendra une thèse de Doctorat intitulée : «Evaluation du devenir environnemental des pesticides, avec un focus sur la téfluthrine : Occurrence, lessivage et transferts vers les eaux et les plantes dans l’agroécosystème de la betterave sucrière au périmètre irrigué du Tadla ».

La soutenance publique aura lieu le Jeudi 18 Juin 2026 à 10h00 à l’Amphi de Conférences, de la Faculté des Sciences et Techniques de Béni Mellal, devant le jury composé de :

  • Madame Nadya WAHID : Professeure, Faculté des Sciences et Techniques, Université Sultan Moulay Slimane, Béni Mellal, Présidente/ Rapporteure ;

  • Monsieur Abdelilah MEDDICH : Professeur, Faculté des Sciences Semlalia, Université Cadi Ayyad, Marrakech, Rapporteur ;

  • Madame Hasna ZINELABIDINE : Maître de Conférences Habilité, Ecole Supérieure de Technologie, Université Sultan Moulay Slimane, Béni Mellal, Rapporteure ;

  • Monsieur Said BOUDA : Professeur, Faculté des Sciences et Techniques, Université Sultan Moulay Slimane, Béni Mellal, Examinateur ;

  • Monsieur Bassou Bouazzama: Expert, Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), Béni Mellal, Invité

  • Monsieur Mohamed EDAHBI : Professeur, Ecole Supérieure de Technologie, Université Sultan Moulay Slimane, Fkih Ben Salah, Co-Directeur de thèse ;

  • Monsieur Abdelamajid HADDIOUI : Professeur, Faculté des Sciences et Techniques, Université Sultan Moulay Slimane, Béni Mellal, Directeur de thèse.

Résumé

La mobilité des pesticides dans les sols agricoles menace la qualité des eaux souterraines, une ressource particulièrement importante en période de sécheresse. Le travail réalisé, mené sur des sols et des eaux souterraines utilisés pour la culture de la betterave sucrière dans le périmètre irrigué du Tadla (PIT), a pour objectif d’étudier l’occurrence des pesticides et la mobilité de la téfluthrine. L’étude s’est fixé 5 objectifs. L’objectif 1 consiste à établir un diagnostic des pesticides appliqués dans la lutte contre les ennemis de la betterave sucrière ; pour ce faire la méthodologie utilisée consiste à mener une enquête auprès de 148 betteraviers. Au total, vingt-huit pesticides sont utilisés dans 97,29 % des exploitations agricoles enquêtées, avec la dominance de l’usage des insecticides par rapport aux herbicides et aux fongicides. L’objectif 2 consiste à établir une liste des pesticides prioritaires en utilisant une approche modifiée de celle de Dabrowski et al., appliquée aux données de l’enquête précédente. Cette approche s’est basée sur l’étude des indices suivants : Indice de Quantité (QI), Potentiel d’Exposition Environnemental (EEP), Potentiel de Risque (HP), Potentiel de Toxicité (TP) et Potentiel de Risque Pondéré (WHP). La liste obtenue comporte les 16 pesticides prioritaires suivants : bifenthrine, chlorpyriphos, cléthodime, cyproconazole, desmédiphame, époxiconazole, éthofumésate, haloxyfop-R-méthyl, indoxacarb, lénacile, métamitrone, phenmédiphame, propaquizafop, téfluthrine, tétraconazole et thiophanate méthyle. L’objectif 3 consiste à étudier l’occurrence et la migration des pesticides dans des sols prélevés avant la campagne agricole et après un précédent de betterave sucrière ; pour ce faire, un criblage ciblé de 20 pesticides a été réalisé sur les sols échantillonnés à différentes profondeurs. La quantité totale résiduelle moyenne de pesticides dans les exploitations varie de 5 à 137 μg/kg avec un maximum de 13 résidus pesticides recensés. L’analyse en composantes principales a révélé des corrélations positives significatives entre les concentrations totales résiduelles en pesticides et les teneurs en argile des sols. Parmi les 5 pesticides (époxiconazole, difénoconazole, tétraconazole, DDE et téfluthrine) mobilisés dans le profil du sol, la concentration de la téfluthrine en profondeur atteint 304 μg/kg et 51 μg/kg dans deux des sites étudiés (FP02 et FP03). L’objectif 4 dans sa 1ère partie consiste à étudier la mobilité de la téfluthrine dans le sol, sa lixiviation vers les eaux souterraines, son ruissellement via les sédiments de surface et sa fixation par la plante ; la méthodologie est une expérimentation lysimétrique à l’échelle d’une parcelle agricole supportant de la betterave sucrière. Au cours du cycle de croissance de la betterave sucrière, la téfluthrine a été retrouvée dans le sol jusqu’à 60-80 cm de profondeur au 90e jour. À ce stade, les racines contenaient 4 μg/kg, tandis que les feuilles présentaient une concentration plus élevée, de 36 μg/kg. À la fin du cycle (180ᵉ jour), le pesticide persistait dans les feuilles à 6 μg/kg, alors qu’aucune trace n’était détectée dans les racines. Dans le profil du sol, la téfluthrine avait migré jusqu’à la couche de 80-100 cm avec 2 μg/kg, comparativement à 54 μg/kg observés en surface. Les analyses des eaux drainées au bas du lysimètre et des sédiments n’ont révélé aucune présence du pesticide. L’objectif 4 dans sa 2ème partie consiste en la surveillance des résidus pesticides dans les eaux souterraines après un précédent de culture de betterave sucrière ; la méthodologie consiste en la détection des 16 pesticides prioritaires dans 14 puits. Les analyses n’ont pas révélé la présence de pesticides prioritaires dans les eaux de ces puits. Ces résultats mettent en évidence la mobilité de la téfluthrine dans le sol et soulignent le potentiel risque de contamination des eaux souterraines dans le périmètre irrigué du Tadla. 

Mots Clés : betterave sucrière, pesticides, occurrence, lixiviation, sol, eau, mobilité, pollution.