Faculté des Sciences et Techniques

Effet des variations de la température sur la phénologie et la dormance du cerisier, pommier et poirier

Par : Madame Halima HAJJIOUI
Le vendredi 26 juin 2026 à 14:00

Le Doyen de la Faculté des Sciences et Techniques de Béni Mellal porte à la connaissance du public que Madame Halima HAJJIOUI, soutiendra une thèse de Doctorat intitulée : «Effet des variations de la température sur la phénologie et la dormance du cerisier, pommier et poirier».

La soutenance publique aura lieu le Vendredi 26 Juin 2026 à 15h00 à l’Amphi de Conférences, à  la Faculté des Sciences et Techniques de Béni Mellal, devant le jury composé de :

  • Madame Wahid Nadya : Professeure, Faculté des Sciences et Techniques, Université Sultan Moulay Slimane, Beni Mellal, Présidente;

  • Madame Cherroud Sanaa: Maître de Conférences Habilité, École Supérieure de Technologie, Université Sultan Moulay Slimane, Khénifra, Rapporteure;

  • Monsieur Ainane Tarik : Maître de Conférences Habilité, École Supérieure de Technologie, Université Sultan Moulay Slimane, Khénifra, Rapporteur;

  • Monsieur Sakar El Hassan : Maître de Conférences Habilité, Faculté des sciences, Université Abdelmalek Essaâdi, Tetouan, Rapporteur;

  • Monsieur Mayad El Hassan : Professeur, Faculté des Sciences, Université Ibn Zohr, Agadir, Examinateur

  • Monsieur Outghouliast Hakim : Expert, Institut National de la Recherche Agronomique, Béni Mellal, Invité

  • Monsieur Kodad Ossama : Professeur, École Nationale d’Agriculture de Meknès, Co-Directeur de thèse;

  • Monsieur El Yaacoubi Adnane : Maître de Conférences Habilité, École Supérieure de Technologie, Université Sultan Moulay Slimane, Khénifra, Directeur de thèse;

Résumé

L’augmentation des températures dans la région méditerranéenne menace les arbres fruitiers tempérés à forts besoins en froid, en réduisant l’accumulation du froid hivernal, modifiant ainsi la phénologie et augmentant l’irrégularité de la production. Dans ce contexte, la quantification des besoins spécifiques en froid et en chaleur des cultivars est essentielle pour identifier les cultivars adaptés aux climats locaux et améliorer la résilience des vergers face au réchauffement en cours. Cette thèse a évalué le potentiel d’adaptation des cultivars de pommier, de cerisier et de poirier aux conditions climatiques marocaines en déterminant les dates de levée d’endodormance et les besoins agroclimatiques spécifiques à chaque cultivar, tout en examinant les effets de la variabilité thermique sur le comportement de floraison chez les trois espèces et sur les performances reproductives chez le pommier et le cerisier. Une perspective méditerranéenne plus large, appuyée par des éléments supplémentaires issus d’une étude multi-sites portant sur l’amandier, l’abricotier, le prunier japonais et le cerisier dans différents sites répartis entre le Maroc, l’Espagne et la Tunisie, a également été prise en considération afin de mieux comprendre la plasticité des cultivars sous des conditions climatiques contrastées. Des tests de forçage ont été réalisés pendant trois saisons consécutives (2020–2023) sur des cultivars de cerisier, de pommier et de poirier européen cultivés dans trois régions productrices de fruits au Maroc (Azrou, Imouzzer-Kandar et Meknès). Les besoins en froid ont été estimés à l’aide des modèles Chill Hours, Utah et Dynamic, et les besoins en chaleur à l’aide des degrés heures de croissance. Chez le cerisier et le pommier, les effets de la variabilité thermique sur les taux de floraison et de nouaison ont également été évalués. Les résultats ont révélé des différences marquées dans les dates de levée de l’endodormance et les besoins en froid/chaleur entre les espèces/cultivars étudiés dans les différents contextes expérimentaux considérés dans cette thèse. Selon le dispositif expérimental appliqué au Maroc, le cerisier a enregistré entre 662 et 929 heures de froid (CH), 432 et 954 unités de froid (CU), 26,7 et 56,5 Portions de froid (CP), et 8180 à 10048 unités de chaleur (GDH). Les cultivars de pommier ont montré des besoins en froid plus élevés, avec 986-1025 CH, 1025-1052 CU et 59,3-61,4 CP, ainsi que des besoins en chaleur compris entre 6982 et 8617 GDH. Les cultivars de poirier ont présenté des besoins en froid comparativement plus faibles, avec des moyennes de 115-149.5 CH, 326-388 CU et 27,2-31,3 CP, et des besoins en chaleur moyens de 13699 à 12614 GDH. Chez le pommier et le cerisier, les hivers plus froids favorisaient généralement les taux de floraison, tandis que des conditions plus douces favorisaient la croissance végétative et une nouaison plus stable. Les cultivars de cerisier se sont montrés plus sensibles que ceux du pommier à la variabilité thermique interannuelle. Chez le poirier, la levée de l’endodormance différait d’environ 10 jours entre cultivars, alors que la pleine floraison ne survenait qu’avec 2 à 3 jours d’écart, suggérant une compensation partielle au cours de l’écodormance. L’analyse méditerranéenne élargie a montré que la région climatique peut exercer une influence plus forte que la variabilité interannuelle sur les besoins agroclimatiques estimées, elle a également mis en évidence des besoins en froid et en chaleur contrastés selon les espèces, avec des intervalles de 18–412 CH, 78–634 CU, 7–37 CP et 4660–12660 GDH chez l’amandier, 443–778 CH, 946–1006 CU, 35,7–59 CP et 3764–8155 GDH chez l’abricotier, et 165–831 CH, 265–1117 CU, 30–65 CP et 3276–9945 GDH chez le prunier japonais. Ces résultats montrent que la floraison peut être atteinte par différentes combinaisons de froid et de chaleur, traduisant la plasticité des cultivars. Dans l’ensemble, cette thèse met en évidence l’importance de la caractérisation spécifique des cultivars en matière de progression de l’endodormance, des besoins en froid et en chaleur, ainsi que de la plasticité phénologique, afin d’améliorer la planification des vergers et les stratégies d’adaptation dans les conditions marocaines et méditerranéennes.

Mots clés: arbres fruitiers ; besoins en froid/chaleur ; endodormance ; tests de forçage ; plasticité des cultivars; variabilité thermique.