Résilience phénologique de l’olivier au Maroc face au changement climatique
Par : Monsieur Houssam-eddine BOUKHRISS
Le samedi 27 juin 2026 à 10:00
Le Doyen de la Faculté des Sciences et Techniques de Béni Mellal porte à la connaissance du public que Monsieur Houssam-eddine BOUKHRISS, soutiendra une thèse de Doctorat intitulée : «Résilience phénologique de l’olivier au Maroc face au changement climatique».
La soutenance publique aura lieu le Samedi 27 Juin 2026 à 10h00 à la salle 1 du Pôle des Etudes Doctorales de l’Université Sultan Moulay Slimane de Béni Mellal, devant le jury composé de :
Monsieur MAYAD El Hassan : Professeur, Faculté des Sciences, Université Ibn Zohr, Agadir, Président;
Madame CHERROUD Sanaa: Maître de Conférences Habilité, École Supérieure de Technologie, Université Sultan Moulay Slimane, Khénifra, Rapporteure ;
Monsieur HMIMSA Younes : Professeur, Faculté Polydisciplinaire, Université Abdelmalek Assaâdi, Larache, Rapporteur ;
Madame EL FATEHI Salama : Maître de Conférences Habilité, Faculté Polydisciplinaire, Université Abdelmalek Assaâdi, Larache, Rapporteure;
Monsieur AINANE Tarik : Maître de Conférences Habilité, École Supérieure de Technologie, Université Sultan Moulay Slimane, Khénifra, Examinateur ;
Monsieur BENNANI BAITI Mohammed : Expert, Agence Nationale des Eaux et Forêts, Béni Mellal, Invité ;
Monsieur KODAD Ossama : Professeur, École Nationale d’Agriculture, Meknès, Co-Directeur de thèse ;
Monsieur EL YAACOUBI Adnane : Maître de Conférences Habilité, École Supérieure de Technologie, Université Sultan Moulay Slimane, Khénifra, Directeur de thèse.
Résumé:
La phénologie florale de l’olivier (Olea europaea L.) est fortement gouvernée par la température à travers deux phases thermiques successives : l’accumulation de froid hivernal nécessaire à la levée de l’endo-dormance, puis l’accumulation de chaleur printanière conditionnant le développement pré-anthèse et la floraison. Dans un contexte de variabilité́ interannuelle croissante, les approches fondées sur des périodes calendaires fixes peuvent mal localiser les véritables fenêtres de contrôle thermique, ce qui impacte directement l’adaptation variétale et la conduite des vergers méditerranéens. Cette thèse analyse l’effet de la variabilité́ thermique sur l’endo-dormance et la floraison de cultivars d’olivier en conditions méditerranéennes de montagne au Maroc en combinant les tests de forçage, la modélisation thermique et la validation par télédétection. Deux approches complémentaires ont été mises en œuvre. La première approche repose sur des essais de forçage conduits sur deux saisons contrastées (2020–2021 et 2021–2022) réalisés sur quatre cultivars (Picholine Marocaine, Haouzia, Dahbia et Arbequina) afin de dater la levée d’endo-dormance et d’estimer les besoins en froid et en chaleur. Le test consiste en un suivi hebdomadaire de la biomasse fraîche des bourgeons floraux avant/après une période de forçage de 7 jours dans une chambre de croissance et de l’évaluation de leur teneur en eau comme marqueur de reprise d’activité. La seconde approche repose sur une analyse dite « window-aware », appliquée à une série phénologique de cinq saisons (2019/2020–2023/2024) et trois cultivars (Picholine Marocaine, Haouzia et Menara). Le but est d’identifier objectivement les fenêtres les plus influentes d’accumulation de froid (Chill Portions selon le modèle Dynamique) et de chaleur (Growing Degree Hours) via une régression PLS avec filtrage de stabilité interannuelle. Par la suite, il sera possible de tester la cohérence phénologique au moyen des dynamiques de verdure Sentinel-2 NDVI (avec recours à MODIS en cas de lacunes). Les résultats ont mis en évidence des différences variétales nettes des durées d’endo-dormance/éco-dormance, des exigences thermiques et des dates de floraison. En effet, la date de la levée de l’endo-dormance de l’Arbequina est plus précoce avec de faibles besoins en froid, tandis que la Picholine Marocaine et Dahbia tendent à fleurir plus tard avec des besoins en froid plus élevés. Chez l’ensemble des cultivars, l’activité des bourgeons s’intensifie autour de la levée de l'endo-dormance, en lien avec une teneur en eau dépassant environ 30 %, et une floraison accomplie après une accumulation de chaleur de l’ordre de 6 774 à 8 051 GDH selon les saisons et les génotypes. La modélisation « window-aware » isole deux fenêtres robustes et biologiquement cohérentes : fin novembre à mi-janvier pour la période d’accumulation de froid et fin février à fin mars pour la période d’accumulation de chaleur. Elle a mis en évidence des besoins moyens en froid globalement proches entre cultivars (~69 CP, variabilité modérée), mais révèle des signatures de forçage contrastées (exigence en GDH plus élevée chez Menara et Picholine Marocaine). L’analyse satellitaire montre que le pic de NDVI printanier précède la pleine floraison d’environ un mois et ne constitue pas un proxy événementiel direct en couvert sempervirent. Par contre, la pleine floraison est systématiquement encadrée par l’enveloppe saisonnière SOS–EOS, fournissant un contrôle de cohérence robuste. Globalement, cette thèse propose un cadre intégré, une décision transférable et orientée pour une sélection variétale « climate-ready » et une optimisation de la conduite des vergers en conditions méditerranéennes. Ceci est fondé sur l’identification objective des fenêtres thermiques, la quantification des empreintes variétales de forçage, l’appui physiologique via l’état hydrique des bourgeons et une validation indépendante par observation satellitaire, tout en suggérant que l’association de cultivars à réponses florales proches (par exemple Picholine Marocaine et Dahbia) peut renforcer la synchronie de floraison, la pollinisation croisée et la stabilité de production sous variabilité climatique.
Mots clés: Olivier ; Endo-dormance ; Floraison ; Besoins en froid et chaleur ; Fenêtres thermiques ; PLS ; Sentinel-2 NDVI.