Phytotoxicité et neurotoxicité de l’émamectine benzoate et du mancozebe: Approche morpho-physiologique, biochimique, antioxydant et neurocomportementale
Par : Madame LATIFA TALHAOUI
Le samedi 7 novembre 2026 à 10:00
Le Doyen de la Faculté des Sciences et Techniques de Béni Mellal porte à la connaissance du public que Madame LATIFA TALHAOUI, soutiendra une thèse de Doctorat intitulée : « Phytotoxicité et neurotoxicité de l’émamectine benzoate et du mancozebe: Approche morpho-physiologique, biochimique, antioxydant et neurocomportementale».
La soutenance publique aura lieu le 07 novembre 2026 à 10h00 à la Salle Polyvalente, Faculté des Sciences et Techniques, Université Sultan Moulay Slimane, Béni Mellal, devant le jury composé de :
Monsieur Said BOUDA : Professeur, Faculté des Sciences et Techniques, Université Sultan Moulay Slimane, Béni Mellal, Président ;
Madame Souad SALMAOUI : Professeur, Faculté des Sciences et Techniques, Université Sultan Moulay Slimane, Béni Mellal, Rapporteure ;
Madame Samira BOULBAROUD : Professeur, Faculté des Sciences Appliquées, Université Sultan Moulay Slimane, Béni Mellal, Rapporteure ;
Monsieur Hicham FARSI : Maître de Conférence Habilité, Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II, Rabat, Rapporteur ;
Madame Fouzia HMIMID : Maître de Conférence Habilité, Faculté des Sciences, Université Sultan Moulay Slimane, Université Chouaib Doukkali, El Jadida, Examinatrice ;
Madame Fatiha CHIGR : Professeur, Faculté des Sciences et Techniques, Université Sultan Moulay Slimane, Béni Mellal, Co-directrice;
Madame Fatima BELLALI : Maître de Conférence Habilité, Faculté des Sciences et Techniques, Université Sultan Moulay Slimane, Béni Mellal, Directrice de thèse.
Résumé:
L’intensification des pratiques agricoles s’accompagne d’une utilisation accrue des pesticides, suscitant des préoccupations croissantes quant à leurs effets sur les organismes vivants, la qualité des productions agricoles et l’environnement. Parmi les mécanismes impliqués dans leur toxicité, le stress oxydatif occupe une place centrale en raison de son rôle dans l’altération des structures cellulaires et des fonctions physiologiques. Dans ce contexte, la présente thèse vise à évaluer, selon une approche intégrée, les effets de deux pesticides largement utilisés, l’émamectine benzoate et le mancozèbe, appliqués seuls ou en combinaison, sur deux espèces végétales d’intérêt agronomique, Capsicum annuum L. (piment, variété Niora) et Phaseolus vulgaris L. (haricot vert), ainsi que les effets neurocomportementaux de l’exposition à l’émamectine benzoate chez la souris Mus musculus. L’étude a été conduite selon plusieurs volets complémentaires comprenant une enquête sur les pratiques phytosanitaires, la caractérisation physicochimique du milieu de culture, l’évaluation des éléments traces métalliques et la détermination des résidus de pesticides dans les matrices végétales. Les expérimentations végétales ont été réalisées sous conditions contrôlées selon un dispositif factoriel permettant d’analyser les effets individuels et les interactions entre l’émamectine benzoate et le mancozèbe. Les paramètres étudiés ont porté sur la croissance végétative, la surface foliaire, les pigments photosynthétiques et plusieurs marqueurs biochimiques du stress oxydatif, notamment la proline, les composés phénoliques et les activités des enzymes antioxydantes telles que la superoxyde dismutase, la catalase et les peroxydases. Les résultats ont mis en évidence des modifications importantes des réponses morpho physiologiques et biochimiques des deux espèces végétales après exposition aux pesticides. Une réduction de certains paramètres de croissance et de la surface foliaire, ainsi que des modifications des pigments photosynthétiques, ont été observées, traduisant une perturbation du fonctionnement physiologique des plantes. L’augmentation de la proline et des composés phénoliques, accompagnée d’une modulation des activités enzymatiques antioxydantes, témoigne de la mobilisation de mécanismes de défense en réponse au stress chimique. Les analyses statistiques ont également révélé des réponses dépendantes de l’espèce et du traitement, ainsi que des interactions entre l’émamectine benzoate et le mancozèbe, compatibles, selon les paramètres considérés, avec des effets synergiques, antagonistes ou non additifs. L’évaluation des éléments traces métalliques a permis de compléter la caractérisation de la contamination du système étudié et d’apprécier leur présence dans les différentes matrices analysées. Par ailleurs, la détermination des résidus de pesticides a permis de mettre en évidence une teneur quantifiable en émamectine benzoate dans les plantes traitées par l’émamectine benzoate seule, tandis qu’aucune teneur quantifiable n’a été observée dans les échantillons témoins et dans les plantes exposées à l’association émamectine benzoate–mancozèbe, dans les conditions expérimentales et analytiques retenues. Ces résultats soulignent l’importance du suivi analytique des contaminants afin de compléter l’évaluation de leurs effets biologiques. Le volet animal de l’étude, réalisé chez Mus musculus, a permis d’évaluer les conséquences de l’exposition à l’émamectine benzoate sur plusieurs dimensions du comportement. L’approche neurocomportementale a notamment porté sur l’activité locomotrice et exploratoire, les comportements associés à l’anxiété, la coordination motrice, la mémoire et les interactions sociales à travers différents tests comportementaux. Les variations observées dans plusieurs paramètres comportementaux indiquent que l’exposition à l’émamectine benzoate peut affecter différentes fonctions neurocomportementales. L’intégration de ces observations avec les données biochimiques permet de mettre en relation les perturbations comportementales avec les altérations biologiques associées à l’exposition. Dans son ensemble, cette étude met en évidence la complexité des réponses biologiques induites par les pesticides à différents niveaux d’organisation, depuis la contamination des matrices environnementales et végétales jusqu’aux modifications physiologiques, biochimiques et neurocomportementales. Elle souligne l’intérêt d’une approche multidimensionnelle intégrant la caractérisation des contaminants, la détermination des résidus, l’évaluation du stress oxydatif et l’analyse des réponses comportementales. Ces résultats contribuent à une meilleure compréhension des effets des pesticides et soulignent la nécessité de renforcer la surveillance des productions agricoles et de promouvoir des stratégies de gestion phytosanitaire plus rationnelles et durables.
Mots clés : Pesticides ; émamectine benzoate ; mancozèbe ; interactions entre pesticides ; éléments traces métalliques ; résidus de pesticides ; Phaseolus vulgaris L. ; Capsicum annuum L. ; Mus musculus ; stress oxydatif ; système antioxydant ; neurotoxicité ; neurocomportement.