Evaluation of phenological performance in peach, nectarine, almond, apricot and plum trees in response to climate change
Par : Madame Meryem ERAMI
Le samedi 16 mai 2026 à 10:00
Le Doyen de la Faculté des Sciences et Techniques de Béni Mellal porte à la connaissance du public que Madame Meryem ERAMI, soutiendra une thèse de Doctorat intitulée : «Evaluation of phenological performance in peach, nectarine, almond, apricot and plum trees in response to climate change».
La soutenance publique aura lieu le Samedi 16 Mai 2026 à 10h00 à l’Amphi 5, à la Faculté des Sciences et Techniques de Béni Mellal, devant le jury composé de :
Monsieur BOULLI Abdelali : Professeur, Faculté des Sciences et Techniques, Université Sultan Moulay Slimane, Béni Mellal, Président ;
Monsieur HMIMSA Younes : Professeur, Faculté Polydisciplinaire, Université Abdelmalek Assaâdi, Larache, Rapporteur ;
Madame EL FATEHI Salama : Maître de Conférences Habilité, Faculté Polydisciplinaire, Université Abdelmalek Assaâdi, Larache, Rapporteure ;
Monsieur MAYAD El Hassan : Maître de Conférences Habilité, Faculté des Sciences, Université Ibn Zohr, Agadir, Rapporteur ;
Madame CHERROUD Sanaa : Maître de Conférences Habilité, Ecole Supérieure de Technologie, Université Sultan Moulay Slimane, Khénifra, Examinatrice ;
Monsieur AINANE Tarik : Maître de Conférences Habilité, Ecole Supérieure de Technologie, Université Sultan Moulay Slimane, Khénifra, Examinateur ;
Monsieur CHARAFI Jamal : Expert, Institut National de la Recherche Agricole (INRA), Centre régional de recherche agricole, Meknès, Invité ;
Monsieur KODAD Ossama : Professeur, École Nationale d’Agriculture, Meknès, Co-directeur de thèse ;
Monsieur EL YAACOUBI Adnane : Maître de Conférences Habilité, Ecole Supérieure de Technologie, Université Sultan Moulay Slimane, Khénifra, Directeur de thèse ;
Résumé:
La réussite de la culture des arbres fruitiers du genre Prunus dépend intrinsèquement des conditions climatiques. En tant qu'espèces pérennes à feuilles caduques, ces arbres entrent dans une période de dormance pour survivre aux conditions défavorables. Ce processus biologique comporte deux exigences : une accumulation de froid pour la levée de la dormance, suivie de températures chaudes au printemps pour déclencher l'induction de la floraison. Cependant, malgré sa vocation historique pour l'arboriculture, le Maroc est confronté à une vulnérabilité accrue due au changement climatique. La hausse des températures hivernales perturbe désormais ce cycle naturel, créant un déficit de froid qui limite la capacité des arbres à sortir de la dormance, ce qui a un impact direct sur le rendement et la viabilité de ce secteur stratégique.
Dans le cadre de cette thèse, nous avons déterminé les dates de levée de dormance et de floraison afin d'estimer les besoins en froid et en chaleur des pêchers (11 cultivars), des nectariniers (6 cultivars), des amandiers (7 cultivars), des abricotiers (13 cultivars) et des pruniers (15 cultivars). À cette fin, nous avons utilisé deux approches expérimentales : premièrement, le test de coupe à nœud unique a été appliqué aux bourgeons végétatifs des abricotiers afin de mesurer la profondeur de la dormance. Ensuite, un test de forçage a été réalisé afin de déterminer la date potentielle de sortie de la dormance, ainsi que les phases d’endodormance et écodormance chez les cultivars d'amandier, de pêcher, de nectarinier, d'abricotier et de prunier. Parallèlement, nous avons évalué l'impact du changement climatique sur les besoins en froid des cultivars étudiés. Cette analyse repose sur une approche comparative entre le froid historique (1976-2022) et les projections futures (2050, 2085), basées sur différents scénarios d'émissions (RCP) et utilisant le modèle dynamique. Les résultats ont révélé des schémas différentiels d'accumulation de froid, de levée de la dormance et de floraison entre les années, les espèces et les cultivars. Entre les espèces, il existe une corrélation inverse notable entre l'amandier et le prunier. Ce dernier se distingue clairement par ses dates de levée de la dormance plus tardives (entre le 8 février et le 3 avril) et une période d’endodormance beaucoup plus longue que celle des autres espèces. Ses besoins en froid sont également plus élevés (327-522 CH, 636-1073 CU et 35,1-55,2 CP), mais en revanche, c'est l’espèce qui réagit le plus vite à la chaleur, avec les besoins en chaleur les plus faibles (3 212-6 927 GDH). À l'inverse, les cultivars d'amandier présentent les dates de levée de la dormance les plus précoces (entre le 5 décembre et le 4 janvier) avec les besoins en froid les plus faibles (121-362 CH, 221-548 CU et 12-28,3 CP) et les besoins en chaleur les plus élevés (9 440-10 931 GDH). Les pêchers et les nectariniers présentent une plasticité modérée avec des besoins faibles à intermédiaires. Les pêchers présentent des dates de levée de la dormance précoces (entre le 21 décembre et le 3 février) avec des besoins de 225-578 CH, 396-728 CU et 21,9-39,7 CP. Ces valeurs sont très proches de celles des nectarines (481-578 CH, 704-728 CU et 37,3-39,7 CP). Pour sa part, l'abricotier a des besoins en froid moyens à élevés, se situant entre ceux du pêcher et du prunier. L'analyse de corrélation effectuée sur les différents cultivars de chaque espèce indique que, dans les conditions spécifiques de la région de Meknès, les besoins en froid constituent le facteur limitant et le principal régulateur de la levée de dormance et de la floraison, soulignant ainsi la sensibilité de ces cultivars aux variations climatiques. L'étude a également mis en évidence des divergences critiques menaçant la pollinisation croisée de certains cultivars tels que Black Amber et Friar (21 jours d'écart). À l'inverse, une synchronisation réussie a été identifiée, en particulier pour Santa Rosa/Reine Claude et pour Angeleno/Methley. Ces disparités soulignent l'importance d'une sélection rigoureuse des partenaires de pollinisation en fonction des conditions climatiques locales afin de garantir les rendements. Une classification en trois groupes distincts a été établie en fonction des exigences agroclimatiques spécifiques de chaque espèce/cultivar. Le premier groupe comprend les cultivars à faible besoin en froid, qui présentent une levée de dormance et une floraison précoce ; le deuxième groupe a des exigences thermiques intermédiaires ; tandis que le troisième groupe comprend les cultivars à besoin en froid plus élevé, qui présentent une levée de dormance et une floraison tardive. L'analyse des tendances thermiques à Meknès révèle une hausse alarmante des températures moyennes mensuelles maximales de 0,58°C par décennie et une perte de 7.3 CP entre 1980 et 2020. Les cultivars d’abricotier et de prunier les plus exigeants en froid sont les plus vulnérables car leurs besoins (50-55 CP) atteignent déjà la moyenne actuelle de 55,5 CP. D'ici 2050, la baisse du froid sous les 50 CP provoquera des échecs de levée de dormance, menant en 2085 (RCP 8.5) à une exclusion totale. Seul l’amandier, grâce à ses faibles besoins (16-28 CP), assure une résilience face à cet effondrement climatique. Dans l'ensemble, les résultats de cette thèse fournissent une base de connaissances fondamentales pour la communauté scientifique qui se consacre à la physiologie de la dormance, tout en fournissant des indicateurs stratégiques pour les programmes de sélection variétale visant à améliorer la résilience des futurs cultivars. Enfin, la thèse propose des solutions pratiques aux acteurs concernés, notamment aux agriculteurs et aux gestionnaires de vergers, en optimisant la gestion technique des espèces fruitières à feuilles caduques face aux défis climatiques actuels.
Mots-clés : Dormance, besoins en froid/chaleur, arbres fruitiers, phénologie, changement climatique.